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Séminaire

Régulation responsable et création

Présentation

On se propose dans ce séminaire d’aborder les questions de régulation responsable de systèmes complexes impliquant les normes et les formes de vie, en particulier dans la vie économique et s’agissant des normes de durabilité. Les questions de durabilité environnementale et sociale, qui sont d’une importance cruciale aujourd’hui, conduisent à vouloir se saisir du fonctionnement de tels systèmes complexes d’une manière orientée par des jugements de valeur, finalisée par des ambitions de long terme, voire planifiée.

On cherche, par exemple, à mobiliser les entreprises dans le cas de la RSE, les acteurs financiers pour la « finance à impact » ou encore les artistes lorsqu’il s’agit des initiatives culturelles cherchant à promouvoir les perspectives « durables » au travers d’une influence sur les représentations et les attitudes. Dans ces contextes (et d’autres), on a recours à des hypothèses, modèles et théories dont le maniement pose des problèmes du genre de ceux qui sont abordés dans le champ émergent des études sur l’éthique intellectuelle et la « responsabilité épistémique  au sein de secteurs d’activité. Le recours simultané à différents types de normes (éthiques, épistémiques, juridiques, économiques, écologiques, techniques…) oblige par ailleurs à aborder des questions de porosité et d’influence réciproque entre les ordres normatifs.  

Le recours aux normes pose enfin le problème du rapport à la créativité : comment réguler sans anéantir l’inventivité et l’innovation ?  Comment aborder la complexité en témoignant du respect aux êtres et à leurs initiatives ? À cet égard, la réflexion sur les normes et la complexité peut utilement se rapprocher des enjeux du rapport à la nouveauté dans la littérature et les arts tout autant que dans le monde des sciences, des techniques et de l’initiative économique. Une meilleure intégration des théories de référence et des pratiques orientées vers la durabilité doit contribuer à l’analyse interdisciplinaire des fondements d’une régulation responsable.


Informations pratiques

Chaque séance a lieu sur place et en Zoom.

Séances des 14/01, 27/05 et 17/06

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, centre Michelet
3 rue Michelet, 75006 Paris
Salle 311

Inscription : emmanuel.picavet@univ-paris1.fr

Séances des 18/02, 18/03 et 22/04

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, centre Panthéon
12 place du Panthéon, 75005 Paris
Salle 216


Programme

Nadia Postorino (université de Bologne, Italie)
Assurer la durabilité sociale dans les systèmes de « mobilité comme service » (MaaS) : quelques facteurs-clés

Mercredi 14 janvier 2026, 15h30-17h30, centre Michelet, salle 311
Inscription : emmanuel.picavet@univ-paris1.fr

Zoom
https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/92794754050?pwd=xLcS0NCT1T1ibUpTLbbb8WRiykTLxV.1

Présentation en italien, support en français

Les systèmes de « Mobilité en tant que Service » (Mobility as a Service, MaaS) intègrent différents modes de mobilité sur une plateforme unique permettant de planifier, réserver et payer des trajets multimodaux. Ils constituent potentiellement un élément central de la transformation numérique des transports urbains. Ils peuvent contribuer à réduire l'utilisation de la voiture individuelle, à promouvoir des modes de transport plus durables et à améliorer l'accessibilité, la sécurité et la qualité de vie en ville. Toutefois, la réalisation de ces avantages exige une réglementation claire, une gouvernance coordonnée et des partenariats public-privé solides. Différents modèles économiques sont présentés, soulignant l'importance de partenariats stables et de l'implication des usagers.

Ensuring social sustainability in Mobility as a Service (MaaS) systems: some key factors

Mobility as a Service (MaaS) systems integrate different mobility modes into a single platform for planning, booking and paying for multimodal journeys and are, potentially, a central element of the digital transformation of urban transport. They can help reduce private car use, support more sustainable modes of transport and improve accessibility, safety and quality of urban life. However, achieving these benefits requires clear regulation, coordinated governance and strong public-private partnerships. Various business models are presented, highlighting the importance of stable partnerships and user engagement.

Thierry Brugvin (Université de Belfort/ CREGO et Logique de l’Agir Besançon)
Régulation, RSE et principes de légitimité

Mercredi 18 février 2026, 15h30-17h30, centre Panthéon, salle 216

Zoom
https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/93801496793?pwd=7YxOgIBcFPhMdjeKRWA3KlIELhR0pt.1

Lorsque ce sont les seuls pouvoirs publics qui contrôlent les normes, on observe parfois un certain laxisme, parce que cela engendre un coût important pour les pouvoirs publics et que le gouvernement cherche généralement à défendre les intérêts de leurs entreprises nationales vis-à-vis des entreprises étrangères, ou bien à privilégier les intérêts des propriétaires des entreprises plutôt que des salariés.

Lorsque ce sont des auditeurs privés qui vérifient les normes, cela privatise leur régulation et les auditeurs manquent alors d’indépendance, car ils sont financés par ceux qu’ils contrôlent.
Si ce sont les ONG qui effectuent les vérifications, elles manquent de ressources pour réaliser des audits à grande échelle. Si les entreprises demandeuses d’audits les rémunèrent, elles perdent leur indépendance financière et les associations changent alors de nature en devenant des acteurs économiques privés.

Plus généralement il existe différents critères d’une régulation socio-économique et écologique légitime globale et des solutions pour une régulation démocratique et indépendante des normes sociales.

Thomas Vendryes (université Paris-Saclay) et Mathilde Maurel (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Les acquis du projet MIACE

Mercredi 18 mars 2026, 15h30-17h30, centre Panthéon, salle 216

Zoom
https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/92257985139?pwd=bp8xI8MTknLXCgq5Fom0gkrOfgwqDo.1

Le projet MIACE, Mesurer l’impact de l’Art sur les Consciences Environnementales, est un projet de recherche et de création transdisciplinaire qui est le fruit d’une collaboration entre artistes, spécialistes des sciences humaines et économistes engagés dans une démarche écologique. Son objectif est de montrer, mesures à l’appui, que les artistes ont la capacité d’avoir un impact significatif, en renforçant la perception par le public des enjeux environnementaux. Pratiquement, il s’agit d’appliquer la méthodologie d’évaluation d’impact à des créations artistiques qui interrogent la notion d’urgence écologique. Deux expériences ont été menées dans ce cadre en 2025, l’une en ligne, l’autre dans le cadre d’une exposition à Excideuil (Dordogne), avec des résultats prometteurs.

Lin Xia (université Tsinghua, Pékin) 
Normes de l’engendrement : l’intervention des sciences humaines et sociales dans la création visuelle par l’IA

Mercredi 22 avril 2026, 15h30-17h30, centre Panthéon, salle 216

Sylvain Lavelle (ICAM)
Les communs de la transition. Sur l'auto-organisation des communautés et le changement systémique socio-environnemental

Mercredi 27 mai 2026, 15h30-17h30, centre Michelet, salle 311

Il s’agira d’examiner la contribution possible des communs aux processus de long terme de la transition écologique. Cette contribution des communs peut être vue soit comme un complément utile, mais somme toute mineur, de l'action des États et des firmes, soit comme un ensemble d'initiatives sociales décisives, au plus proche de la vie locale des territoires, qui constituera en réalité le cœur de la transition écologique - compte tenu de la 'tiédeur' des autres acteurs plus institutionnels.  

Nicolas Aumonier  (université Grenoble Alpes)
Régulation et complexité

Mercredi 17 juin 2026, 15h30-17h30, centre Michelet, salle 311

Même s'il existe plusieurs types de régulation, le long usage organique de ce concept suggère d'interroger le type d'évolution que l'on souhaite lorsque l'on parle de durabilité, entre équilibre, progrès et réorientation.


Cycle de séminaires organisé par :

  • L'Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne – ISJPS, axe RSE (Emmanuel Picavet et Kathia Martin-Chenut)
  • Le groupe de travail NECC, LabEx DYNAMITE (Emmanuel Picavet et Mathilde Maurel, avec Thomas Vendryes)
  • L'association Sorbonne Développement Durable (Emmanuel Picavet et Yann Toma)
  • Association CHRONOS, axe 3 (Emmanuel Picavet, Erwan Lamy, Christian Walter)

Organismes partenaires :

  • Fédération Nationale des Coopératives de Consommateurs
  • Association Musicando
  • Agence Conseil & Recherche