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Rencontre

Analyse de textes philosophiques québécois assistée par ordinateur : quelques résultats

L'objectif de cette journée est la présentation, par Ludovic Chevalier, Francis Lareau et Jean-Claude Simard, de certains résultats du groupe de recherche subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (2021-2026) : Analyse de textes philosophiques québécois assistée par ordinateur (direction : Ismaïl Biskri, Informatique, Université du Québec à Trois-Rivières).

Programme

Matinée, 9h30-12h

La responsabilité de la langue comme enjeu de justice épistémique : politique de la mémoire, choix institutionnels et visibilité de la science dans les documents de politique publique européens

Table ronde et présentation du collectif Explorations en philosophie québécoise (dir. Chevalier, Lamonde et Provencher, Québec, Presses universitaires de Laval, 2026)

Matinée organisée dans le cadre de l'IRN ReCCord (International Research Network, "Responsibility, Choice, and Coordination"), coordonné par Gilles Campagnolo.

Après-midi, 14h30-17h30

Inflexions québécoises dans la compréhension de la responsabilité dans les domaines culturel et linguistique

Présentation de Ludovic Chevalier et Jean-Claude Simard, "Politique de la mémoire et responsabilité : l’exemple de la philosophie québécoise francophone"

Une société a-t-elle une responsabilité envers sa propre histoire ? Sommes-nous toujours "quittes envers le passé" (P. Vadeboncœur) ? Plus spécifiquement, une communauté philosophique a-t-elle un devoir de mémoire ? Si oui, elle doit disposer a minima d’une interprétation de son histoire. Ces considérations ont donné naissance au volet philosophique du projet de recherche "Analyse de textes philosophiques québécois assistée par ordinateur". Parrainé par le LANCI, le Laboratoire d’analyse cognitive de l’information de l’UQAM (Université du Québec à Montréal), alors codirigé par le regretté Jean-Guy Meunier (Philosophie, UQAM), ce projet a reçu une importante subvention de cinq ans du CRSH, le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada.

Pour traiter ces questions, nous développerons d’abord quelques linéaments d’une politique de la mémoire, en nous appuyant entre autres sur les travaux d’un philosophe venu maintes fois au Canada francophone : Paul Ricœur (La mémoire, l’histoire, l’oubli, 2000). Nous en profiterons pour montrer pourquoi, au Québec, la négation d’un passé perçu comme honteux a trop souvent constitué une forme particulière d’aveuglement, de repli sur soi, voire de mépris des réalisations antérieures, mépris lui-même lié à une forme pernicieuse de self-durhamisme (R. Hébert). Pour illustrer notre propos, nous donnerons trois exemples historiques inspirants, largement méconnus de la communauté philosophique québécoise : 1) contre l’obscurantisme, la lutte en faveur de la recherche scientifique et de la libre-pensée (l’affaire Laurendeau, 1907-1912), 2) la promotion de traditions philosophiques alternatives pour secouer l’orthodoxie néo-thomiste (le débat Villeneuve-Longpré, 1927) et, enfin, 3) le souci d’appuyer la politique sur une forme de métaphysique de la personne (d’Emmanuel Mounier à la constitution canadienne : Pierre Elliott Trudeau, de Cité libre à 1982).

Nous conclurons en montrant pourquoi une politique adéquate de la mémoire constitue non seulement un devoir pour une communauté philosophique, mais également une responsabilité, une forme de justice qui doit marier vérité historique, réconciliation avec le passé et affirmation collective (en référence à Emerson et à la self-reliance).

Après-midi organisée dans le cadre du séminaire d'actualité de l'axe RSE (Responsabilité sociale des entreprises et des organisations) de l'ISJPS, dirigé par Emmanuel Pïcavet et Kathia Martin-Chenut.

Informations pratiques

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre Lourcine, 1 rue de la Glacière, 75013 Paris
Bâtiment 1, 2e étage, salle 13

Inscription gratuite mais obligatoire.
Téléchargez le billet PDF qui vous sera envoyé avec la confirmation de votre inscription : il vous sera indispensable pour entrer dans l'université.
Un document d'identité peut vous être également demandé.