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Colloque

Résiliences, résistances, futurs communs

  • Argument

    En 2026, dans un contexte social et (géo-)politique anxiogène, marqué par de multiples divisions et conflit, qui ne semble guère porter à la projection individuelle et collective vers l'avenir, ni à l'espoir, les usages des termes de résistance et de résilience fleurissent : dans les publications académiques, les prises de position politique au sein de l'espace public, ou encore le champ de la création artistique.

    Dans le présent contexte, quel éclairage philosophique peut-on proposer de ces termes, de leur sens, de leur portée ?  Sont-ils concurrents ou complémentaires ? Ont-ils la capacité de porter ce qui est nécessaire aux individus et aux sociétés pour imaginer, concevoir, se représenter et recréer les conditions réelles de futurs communs ?

    Dans certaines sciences, en particulier les sciences de l'environnement, de la Terre et de l'univers, elle semble utilisée comme une notion descriptive, censée désigner des propriétés du vivant ou des écosystèmes, souvent envisagés indépendamment de la dimension sociale de la vie humaine. Dans ses usages courants, de la vie en société, cette notion est fréquemment invoquée en réponse aux crises, qu'elles soient écologiques, sanitaires, psychologiques, sociales ou économiques, etc. Elle est présentée comme une capacité souhaitable, tant pour les individus que pour les communautés, à résister à l'adversité et à s'adapter au changement. "Faites preuve de résilience !", pourra-t-on ainsi entendre alors que l'on se trouve dans une situation de deuil, de maladie, de précarité sociale et économique. Ces usages ordinaires de la notion de résilience sont parfois repris par les sciences humaines et sociales, ou critiquées par elles. Dans le second cas, elle est perçue au mieux comme naïve, au pire comme une injonction tout à fait décalée, voire inappropriée, et parfois aussi comme une manière voilée de demander ou de recommander à autrui d'aller de l'avant en acceptant un état de fait, plutôt que de le soumettre à un regard critique ou de lui résister.

    Faut-il réinvestir la notion de résilience ou l'abandonner, précisément au profit de la résistance ? Et si oui, contre quoi et pour quoi? Sans trancher au préalable la question, le colloque « Care & Resilience : Bioethics, Technologies, Forms of life », 3-4 juillet 2025 (https://philosophie.pantheonsorbonne.fr/evenements/care-resilience-bioethics-technologies-forms-life) a initié une exploration de la notion de résilience et de son articulation avec la pensée éthique et politique du care. Ce colloque portait sur "l’air de famille" et les complémentarités entre care et résilience, ou à l'inverse, leurs divergences, voire leurs oppositions, en particulier lorsque l'accent est mis sur la résilience personnelle conduit à négliger les dimensions relationnelles, éthiques et collectives qui la rendent possible. Au contraire de cette vision individualiste de la résilience, il a exploré une vision de la résilience comme un processus relationnel, rendue possible par l'attention portée à la vulnérabilité et à la solidarité. 

    Cette exploration des airs de famille entre care et résilience constitue une piste parmi d'autres. Le présent colloque souhaite poursuivre l'exploration du sens et de la portée de ces notions de résilience et de résistance au regard de futurs communs. Nous prendrons le temps de nous arrêter sur ce qui constitue notre présent et de proposer des pistes de réflexion sur les exigences qu'il recèle pour les individus et les sociétés, mais aussi l'activité philosophique ; au-delà de l'éthique du care, nous ouvrirons d'autres voies pour l'analyse de ces notions, avec un intérêt particulier pour le rôle du droit et des droits; nous nous intéresserons à des domaines qui sont particulièrement traversés par les usages de ces termes de résilience et de résistance et où la question des futurs communs se pose avec une acuité particulière (contextes de maladies, de situations traumatiques et d'environnements abîmés) ; l'articulation entre le travail de théorisation et l'analyse des pratiques sera un fil directeur des différentes interventions.

    Organisation : 

    Marie Gaille et Sandra Laugier

    Avec le soutien de :

    L'UMR Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne, L'UMR République des savoirs, le Département de philosophie de l'école normale supérieure, la Chaire de philosophie à l'Hôtel-Dieu, l'IRL Mondes en transition (CNRS-Université de São Paolo) et la Faculté de Droit (CAPES) de l'Université de São Paolo.  

Programme

Jeudi 1er octobre 2026

Amphithéâtre Jean Jaurès, École normale supérieure 

Accueil café à partir de 8h30

Propos liminaires - 9H-9H15

Conférence introductive à deux voix - 9H15-10H30

  • Frédéric Worms, philosophe, professeur au département de philosophie de l'École normale supérieure–PSL, UMR République des savoirs, directeur de l'école normale supérieure
    L'urgence du moment
  • Alice Koubovà, philosophe, membre de l'Institut de philosophie, Académie des sciences de la République tchèque 
    Après la dialectique de la vie et de la mort : vers la pensée ludique de la résilience

Session 1 – Droit & droits et enjeux démocratiques. 10h30-12h30

Présidente de séance : Christine Noiville, chercheuse en droit, directrice de recherche au CNRS, UMR Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne

  • Sophie Guérard de Latour, professeure de philosophie politique, école normale supérieure de Lyon, UMR Triangle 
    La question de la résilience depuis celle des mouvements de résurgence/revitalisation dans les communautés autochtones
  • Farhana Ibrahim, sociologue, Department of Humanities and Social Sciences at the Indian Institute of Technology Delhi, India 
    Citizenship and belonging in the desert: rethinking 'resilience' in the Indian Thar  
  • Cláudia Perrone Moisés, professeure de droit international à l'Université de São Paulo, IRL Mondes en transition 
    Violations massives des droits humains et traumatismes de la mémoire: résistances et résiliences en Amérique du Sud

Déjeuner. 12H30-13H45

Session 1, suite et fin – Droit & droits et enjeux démocratiques. 13h45-15h

  • Mathias Girel, philosophe, maître de conférences au département de philosophie de l'École normale supérieure–PSL, UMR République des savoirs 
    Sur les formes de l'attention et l'activité critique du philosophe
  • Sandra Laugier, philosophe, professeure à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne
    Care et résilience démocratiques

Pause. 15H-15H15

Session 2 – Contextes traumatiques et conflictuels, trauma et résilience. 15H15-17H45

Présidente de séance : Capucine Boidin, anthropologue, professeure à l'Université Sorbonne Nouvelle, UMR CREDA

  • Dorothée Legrand, philosophe, chercheuse au CNRS, UMR Pays germaniques 
    Ça résiste, malgré moi : sur l’insistance intempestive de l’avenir
  • Maëline Le Lay, spécialiste de littérature, chargée de recherche au CNRS, UMR THALIM 
    La littérature comme plaidoyer : résilience, care et résistance en Afrique des Grands Lacs
  • Zona Zaric, philosophe, Institut de philosophie et théorie sociale, Université de Belgrade 
    La voix avant la parole: trauma et écoute dans l’éthique du care
  • Guillaume Le Blanc, philosophe, professeur à l'Université Paris Cité, membre senior de l'Institut Universitaire de France, Laboratoire du changement social et politique 
    Quel futur pour la perte face aux morts invisibles de la rue? Portée et limites de la catégorie de résilience collective

Vendredi 2 octobre 2026

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, salle à la fresque

Session 3 – Soins et soin, en contexte médical et au-delà. 9h-11h

Président de séance/répondant : Jean-Philippe Pierron, philosophe, professeur à l'Université de Bourgogne Europe, directeur de la Chaire valeurs du soin

  • Vanessa Nurock, philosophe, professeure à l'Université Côte d'Azur, Centre de Recherches en Histoire des Idées, porteuse de la Chaire UNESCO EVA Éthique du Vivant et de l'Artificiel 
    Résilience créative : une approche interdisciplinaire et interculturelle
  • Agathe Camus, philosophe, maîtresse de conférences, Polytech Lyon, laboratoire S2HEP, Lyon 1 Université 
    Vivre "en dialyse" : chronicité, résilience et résistances
  • Céline Bonicco-Donato, philosophe, professeure, École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Univ Grenoble Alpes, UMR Architectures, ambiances, Urbanités 
    Architecture, soin et habitabilité. L’exemple des espaces intérieurs publics

Pause. 11h-11h15

Session 3, suite et fin – Soins et soin, en contexte médical et au-delà. 11h15-12h30

  • Fabrice Gzil, philosophe, professeur de philosophie et de bioéthique à l'Université Paris Saclay, responsable de l'équipe "Recherches en éthique et en épistémologie" du CESP (Inserm/UPS/UVSQ) 
    Résiliences et résistances dans le soin : fragilités de l'autonomie 
  • Richard Rechtman, anthropologue, directeur d'études à l'EHESS et Lotte Segal, anthropologue, Université d'Édimbourg (sous réserve) 
    De la résilience au post traumatic growth: itinéraire d'une douteuse empathie vis à vis des victimes de traumatismes

Déjeuner. 12h30-14h

Session 4 – Environnement, milieux de vie, territoires et relations entre vivants. 14h-16h

Président de séance : Laurent Jeanpierre, politiste, professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR CESSP

  • Catherine Larrère, philosophe, professeure émérite à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne 
    La résilience a-t-elle une place dans le care environnemental?
  • Pascale Molinier, psychologue sociale, professeure à l'Université Sorbonne Paris Nord, UMR CEPED 
    De l'éloge de la résilience à l'imposition du travail en mode dégradé. Perspectives éthiques à partir de celleux qui ne rebondissent pas
  • Soraya Boudia, sociologue, professeure à l'Université Paris Cité, en détachement DR au CNRS, UMR CERMES 3 
    « Tous résilients » ! Vivre et survivre à l’ère des catastrophes environnementales

Pause. 16h-16h15

Session 4, suite et fin – Environnement, milieux de vie, territoires et relations entre vivants. 16h15-17h30

  • Anne Simon, spécialiste de littérature, directrice de recherche au CNRS, UMR République des savoirs et professeure attachée au département de Littératures et langage de l'École normale supérieure–PSL 
    Préserver les possibles : histoires d’arches… et de préfixes
  • Marie Gaille, philosophe, directrice de recherche au CNRS, UMR République des savoirs et professeure attachée au département de philosophie de l'École normale supérieure–PSL 
    Risque ou care ou risque et care ? Déceler l'invisible, soigner, réparer

Conclusion et clôture du colloque

Informations pratiques

Jeudi 1er octobre 2026

Amphithéâtre Jean Jaurès
École normale supérieure 
29 rue d'Ulm
75005 Paris

Vendredi 2 octobre 2026

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Salle à la fresque D307
17 rue de la Sorbonne
75005 Paris

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