Image de couverture
Colloque

Rencontres Habitabilité de la terre et transitions justes

Le souffle des dragons. Dialogues interdisciplinaires autour des puissances élémentaires 

Avis de tempête

Il y a quelques années, on pouvait encore considérer que les collectifs autochtones des hautes latitudes, entre autres, se trouvaient aux avant-postes du changement climatique. Cette question concerne à présent tout un chacun. Ici et ailleurs, les forêts brûlent, les glaciers et les montagnes s’effondrent, les rivières sortent de leur lit, les vents forcissent et la mer monte. Les éléments se manifestent, et leurs débordements reposent la question existentielle de l’habitabilité de la terre. « Comment faire face à l’animation hors de contrôle des grands flux géophysiques ? » est devenue une interrogation lancinante et collective. 

L’habitabilité s'est imposée comme un mot clé incontournable qui structure nombre de recherches en sciences de la terre comme en sciences humaines. Ce concept est transversal, sa force résidant dans sa polysémie: il ouvre la possibilité d'en faire un outil diplomatique servant un projet social et politique, à même de tenir ensemble les enjeux terrestres et territoriaux. Son référentiel multiple permet à la fois de parler des conditions biogéochimiques qui maintiennent la possibilité de la vie sur Terre, des questions d’aménagement du territoire qui soutiennent des habitats viables, des attachements et affects qui nous lient les uns aux autres dans des contextes culturels situés. 

Néanmoins, habiter le concept d’habitabilité de manière ouverte et plurielle n’est pas si aisé. Cette difficulté tient à l’histoire de la création du concept, des recherches en exobiologie qui nous éloignent de la fragilité de la vie ici même, à la texture coloniale qu’il manifeste depuis le xvie siècle, alors que la question littérale qu’il posait (ce territoire est-il habitable ?) justifiait toutes les prises de terre lorsque la réponse se révélait positive. Depuis la perspective anthropologique, nous devons également prendre garde à ce que son effet de synthèse généralisante ne gomme pas les perspectives cosmopolitiques émanant de l’ethnographie et des discours autochtones, qui apparaissent trop rarement assez puissantes et stabilisées pour pouvoir prétendre décaler les lignes de partage propres à nos régimes de savoirs.

C'est pour mettre au travail ces questionnements qu'au sein de la chaire CNRS Habitabilité de la terre et transitions justes, nous avons tenu trois années de séminaires de recherche. Il s'est agi de  réhistoriciser les concepts qui structurent les pratiques modernes de monitoring environnemental, et d'entamer un processus de redescription des dispositifs politiques et entrepreneuriaux visant à trouver des solutions techniques aux crises écosystémiques (transition énergétique, géoingénierie). Enfin, la troisième et dernière année de séminaires s’est ouverte sur la possibilité de stabiliser des réponses cosmopolitiques. Notre attention se focalise sur les modes d'existences, passés et présents, d'ici et d'ailleurs, qui nous permettent de faire varier nos imaginaires intellectuels et politiques, et de provincialiser les prises conceptuelles avec lesquelles nous nous référons généralement au monde extérieur. Du "paysage" aux "ressources" en passant par la "nature" récemment remplacée par le "vivant",  nous cherchons ici non seulement à prendre acte des dualismes persistants qui nous empêchent de penser autrement les mouvements des grands flux géophysiques, mais aussi à rendre audibles et visibles d'autres modes de relations à ce qui déborde les limites de l'humanité.  

Dans le prolongement de ces recherches, les rencontres Habitabilité de la terre sont imaginées comme l'ouverture d'un espace de pensée. Elles visent à redéfinir un champ théorique pour travailler l'habitabilité hors du cadre naturaliste moderne dans lequel elle a été enfermée, produisant des récits aussi uniformisés que fondés sur une science dont l’épistémologie dominante a écrasé la diversité des collectifs et de leurs histoires. Notre intention est de travailler collectivement à l’émergence de nouvelles réponses, qui passent par d’autres manières de penser nos relations aux êtres et entités qui composent nos mondes et rendent nos milieux de vie habitables. Il s’agit, depuis une perspective résolument pluridisciplinaire et cosmopolitique, d’ouvrir un espace de reformulation de la cartographie sensible qui oriente nos pensées et actions face aux puissances élémentaires qui se lèvent aujourd'hui. 

Programme

En cours d'élaboration

Informations pratiques

Lieu du colloque

Musée Albert Kahn
2 rue du Port 
92100 Boulogne-Billancourt

Inscription

L'inscription est obligatoire et ouverte du lundi 20 juillet 2026 au mardi 08 septembre à 12h. Merci de lire attentivement ce qui suit.

  • Chaque demi-journée fait l'objet d'un formulaire. Pour vous inscrire aux trois journées complètes, il vous faut donc compléter six formulaires.
  • L'auditorium du musée dispose de 97 places assises. Une salle annexe accueillera les 30 dernières personnes inscrites qui verront la retransmission en direct du colloque.
  • Une visite-découverte du musée (30 minutes environ) est également proposée au cours de chacune des trois journées au moment de la pause déjeuner : merci de compléter le formulaire adéquat si vous souhaitez en bénéficier.
  • Vous recevrez à l'issue de votre inscription un billet PDF par formulaire complété. Ce(s) billet(s) est/sont à conserver et à présenter à votre arrivée au musée. Un document d'identité peut vous être demandé.

Mercredi 9 septembre 2026

Formulaire d'inscription pour le mercredi 9 septembre, matinée

Formulaire d'inscription pour le mercredi 9 septembre, après-midi

Jeudi 10 septembre 2026

Formulaire d'inscription pour le jeudi 10 septembre, matinée

Formulaire d'inscription pour le jeudi 10 septembre, après-midi

Vendredi 11 septembre 2026

Formulaire d'inscription pour le vendredi 11 septembre, matinée

Formulaire d'inscription pour le vendredi 11 septembre, après-midi

Visite-découverte du musée Albert Kahn

Formulaire d'inscription pour la visite-découverte du musée (30 minutes au moment de la pause déjeuner)