De Terre et d'Eau
Ces deux séances de séminaire associées au musée de Millau et des Grands Causses mettront en regard les collections du Mumig et le patrimoine oral des grands Causses (contes, légendes) avec les travaux des chercheuses et chercheurs invités dans une perspective critique et pluridisciplinaire autour de la question élémentaire, en croisant les contributions issues des sciences de la terre (hydrologie, géologie, physique…), de l’anthropologie et de l’histoire matérielle et culturelle du territoire. De quelles conceptions des éléments héritons-nous ? Comment, à partir des conceptions dominantes issues des sciences de la terre, trouver des prises pour pluraliser leurs modes d'existence ?
Ces séances de séminaires sont ouvertes à un large public. Des ateliers seront proposés l’après-midi (de 14h à 17h) afin d’ouvrir la parole aux habitants et habitantes du territoire et d’imaginer un dispositif permettant de reformuler collectivement nos attachements à ces entités. Les échanges seront nourris par les discussions de la matinée, les objets issus des collections et les mythes convoqués et animés par les chercheuses et chercheurs. Une soirée clôturera cette journée en proposant une restitution de la journée.
Retrouvez les informations sur le site du MUMIG : https://mumig.fr/pages-informations-cachees/actualites/de-terre-et-deau-samedi-11-avril-4853
D'air et de vent – Samedi 9 mai 2026
Une journée d'étude suivie d'une soirée grand public pour questionner le rapport à l’Air et au Vent dans les Grands Causses, et au-delà !
Avec la participation des anthropologues Nastassja Martin et Gaëlla Loiseau (Chaire CNRS Habitabilité de la Terre et transitions justes, Université Panthéon Sorbonne – Paris 1), le géographe Clément Barniaudy (Université de Montpellier), le néphologue Vincent Noël (Laboratoire d’Aérologie, CNRS), le géographe Olivier Obin (Université de Montpellier), la conteuse Malika Verlaguet et la directrice du Mumig, Katia Fersing.
Penser collectivement nos relations à l’Air et au Vent dans les Grands Causses
Une journée d’étude ouverte à toutes et tous (de 9h à 12h et de 14h à 17h – La Maison de Ma Région, Millau) – Inscription obligatoire
Que vous soyez habitant·e, professionnel·le, artiste, connaisseur·se ou passionné·e, votre rapport à l’Air et au Vent des Grands Causses nous intéresse ! Au cours de cette journée, les collections du Mumig seront mises en dialogue avec le patrimoine oral (contes, légendes, etc.), les récits des participant·e·s mais également les travaux de scientifiques invité.e.s.
En plénière le matin, puis sous forme d'ateliers l'après-midi, chacun·e sera invité.e à décaler son regard pour questionner les liens qu’il·elle entretient avec l’Air et le Vent des Grands Causses, que ceux-ci contribuent au développement de ses pratiques, constituent l’objet de ses recherches ou viennent nourrir ses imaginaires.
Public adulte – Gratuit
Inscription obligatoire et possible jusqu’au 6 mai au 05 65 59 01 08 ou musee@millau.fr
Plus d’infos : mumig.fr / elodie.uras@millau.fr
Le souffle du Vent par-delà nos Grands Causses
Une soirée pour explorer le rapport que d’autres populations entretiennent avec l’Air et le Vent (20h30, salle René Rieux, rue Paul Bonhomme, Millau)
Pensée comme le prolongement de la journée d’étude mais également une ouverture vers d’autres territoires et cosmologies, cette soirée proposera un éclairage sur d’autres relations à l’Air et au Vent : proche de nous, en Provence, par le biais d’un extrait du film Pour le Mistral réalisé par Jori Evens en 1966 et présenté, pour l’occasion, par le géographe Clément Barniaudy. Plus loin, en Amérique du Sud, à travers les enquêtes menées par les anthropologues Gaëlla Loiseau chez le peuple Wayruu en Colombie et Nastassja Martin en terres Aymara, sur les hauts plateaux andins entre Chili et Bolivie. La présence du néphologue Vincent Noël (spécialiste des nuages) et le géographe Olivier Obin permettra également de faire un pas de côté en changeant d’échelle et en déterritorialisant l’ensemble de ces réflexions.
Public adulte – Gratuit, dans la limite des places disponibles.
Plus d'infos : mumig.fr /musee@millau.fr ou 05 65 59 01 08
Rêver plus loin: sur la puissance politique du rêve – Mercredi 3 juin 2026
À l'Académie du Climat, co-organisé avec la revue Terrestres
Il n’y a pas si longtemps chez nous, les rêves étaient encore considérés comme des voyages. Les rêveurs ne tournaient pas en boucle à l’intérieur d’eux-mêmes la nuit en s’inventant des dialogues ventriloques, mais transhumaient vers d’autres mondes. Ils revenaient chargés d’une mémoire déposée en eux, et c’était de cette altérité dont il fallait se souvenir pour orienter correctement ses pas au réveil. Pour de nombreux collectifs autochtones, la vie onirique reste un champ fondateur de l’expérience, parce qu’elle permet d’ouvrir des brèches entre des entités aux corps si différents qu’elles ne sont pas censées pouvoir se comprendre.
Quelles autres visions des entités qui composent nos mondes les récits de rencontres nocturnes engendrent-ils au réveil ? En sortant la vie onirique de la fonctionnalité narcissique de l’inconscient psychanalytique dans laquelle elle a été canalisée, les constellations mémorielles ne sont plus seulement humaines, mais aussi animales, végétales, minérales et géologiques. A l’heure où les puissances élémentaires se manifestent plus brutalement que jamais avec le changement climatique, et nous posent la question du statut réducteur dans lequel nous les avons enfermées, le champ du rêve en tant que lieu de dialogue avec les altérités redevient central ici-même. Le rêve devient possiblement un territoire de résistance à l’hégémonisation des "ressources", à leur appropriation et à leur exploitation. Comment ces visions sont-elles à même de réinformer nos mémoires élémentaires autrement que par les concepts modernes dans lesquels nous les avons confinés ?
En Australie, l’anthropologue Barbara Glowczewski travaille le rêve pour saisir comment il est devenu un outil existentiel et politique permettant une reprise des terres par des liens spirituels qui affirment une culture vieille de 67 000 ans, ancrée dans des milliers de lieux. Au Kamtchatka, l’anthropologue Nastassja Martrin suit les récits oniriques des Evènes pour comprendre comment les rencontres nocturnes leur permettent de répondre aux métamorphoses écologiques et climatiques actuelles.
Leur dialogue s’attachera à chercher ce qui, dans le travail collectif du rêve, permet non seulement de résister aux crises systémiques mais aussi d’ouvrir de nouveaux possibles d’actions non encore imaginées.
Avec Barbara Glowczewski et Nastassja Martin
Directrice de recherche émérite du CNRS, membre du laboratoire d'Anthropologie sociale, Barbara Glowczewski travaille depuis 1979 avec des Aborigènes d'Australie sur leurs rituels, arts et luttes pour la justice sociale et environnementale. Elle fait résonner les solidarités des peuples autochtones et les mobilisations pour la défense des terres en France. Autrice d'une douzaine de livres - dont Rêves en colère (Plon/Terre Humaine), Réveiller les esprits de la terre (Dehors), Indigenising Anthropology with Guattari and Deleuze (EUP) - et plus de 150 articles (voir collectif Mondes postcapitalistes, et https://journals.openedition.org/ateliers/20388)
Séance précédente : la terre et l’eau, 11 avril 2026
Avec Christelle Gramaglia, sociologue (INRAE, Montpellier), Philippe Vernant, hydrogéologue (Université de Montpellier) et Cédric Champollion, géophysicien (Université de Montpellier), Katia Fersing, Directrice du Mumig, Malika Verlarguet, conteuse, Anne de Malleray, directrice de collection chez Actes Sud.
Journées organisées dans le cadre de la chaire de professeur junior Habitabilités de la Terre et transitions justes