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Colloque

25 ans après la loi Taubira, repenser le crime contre l’humanité

Présentation

La célébration des 25 ans de la loi Taubira – loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité – est l’occasion d’ouvrir une séquence de réflexion pour interroger les conséquences et la portée, tant dans le droit que dans une perspective philosophique, de la qualification de la traite et de l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Cette même qualification avait été réaffirmée lors de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, tenue à Durban, en septembre 2001 ; elle a été amplifiée le 25 mars 2026 par la Déclaration, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, portant qualification de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains de plus grave crime contre l’humanité. De 2001 à 2026, c’est un « parcours de la reconnaissance » du crime contre l’humanité qui se consolide et met en tension la portée symbolique et la densité juridique de la notion. 

Cette notion s’inscrit dans une généalogie et s’installe dans un appariement avec des vocabulaires concurrents ou affiliés – des violences de masse au génocide, voire à l’ethnocide ou l’écocide – symptômes d’autres formes de négations de l’humanité et de stratégies d’effacements de groupes entiers. Dans ces registres de violences ultimes, la qualification de crime contre l’humanité parait articuler fortement la morale et le droit avec pour horizon l’affirmation d’un universel humain. Cette acception provient-elle de son histoire – de son inscription et sa (relative) stabilisation progressive dans une doctrine morale et juridique – et/ou de sa faculté, à la fois, à définir et saisir une pluralité de préjudices et à signer les contextes de violence qu’elle recouvre ? Dans le recours à la notion de crime contre l’humanité sourd également la question de la justice réparatrice. 

Ces interrogations structurent le programme du colloque, en trois séquences : 

  1. la généalogie du crime contre l’humanité – du crime de lèse-humanité au plus grave crime contre l’humanité – pour saisir et comprendre la construction et les mobilisations de cette notion, sur le temps long, du XVIIIe siècle à nos jours ;
  2. les usages et mésusages des crimes contre l’humanité, pour amorcer une lecture critique des mobilisations de la notion et la situer en regards d’autres qualifications pour d’autres situations ou d’autres préjudices, qu’il s’agisse de torture, de crimes de guerre, de l’esclavage contemporain, du génocide, de l’ethnocide ou de l’écocide ;
  3. la réparation du crime contre l’humanité, ou comment faire justice et reconnaitre dans le présent des crimes commis dans le passé ?

Colloque organisé par Magali Bessone (Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne, CNRS et université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Vincent Négri (Institut des Sciences sociales du Politique, ENS Paris-Saclay).

Programme

Accueil et mots de bienvenue
9h

1. Généalogie d’une notion : du crime de lèse-humanité au plus grave crime contre l’humanité
9h30

  • Myriam Cottias, directrice de recherche au CNRS, directrice du Centre International de Recherches sur les esclavages et post-esclavages
  • Vincent Négri, chercheur à l’Institut des Sciences sociales du Politique, ENS Paris-Saclay

Pause
11h

2. Pratiques judiciaires du crime contre l’humanité
11h15

  • Milena Jaksic, chercheuse au CNRS, Centre d’études des mouvements sociaux, EHESS
  • Timothée Brunet-Lefevre, Ingénieur-chercheur au Collège de France

Déjeuner
12h45

3. Usages et mésusages des crimes contre l’humanité
14h15

  • Isabelle Fouchard, chercheuse au CNRS, Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne
  • Jean-Christophe Martin, professeur de droit, directeur de l'Institut de la Paix et du Développement, Université Côte d’Azur

Pause
15h45

4. Réparer les crimes contre l’humanité ?
16h

  • Magali Bessone, professeure de philosophie politique, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ISJPS, membre de l’IUF
  • Valérie Rosoux, professeure en sciences politiques, Université catholique de Louvain, directrice de recherche au Fonds de la recherche scientifique

Clôture du colloque
17h30

Informations pratiques

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre Lourcine, 1 rue de la Glacière, 75013 Paris
Bâtiment 1, 2e étage, salle 13
Longer le premier bâtiment jusqu'au bout, puis tourner à droite : la porte d'accès aux escaliers se trouve sur la façade arrière, en haut de la volée de marches.

Inscription gratuite mais obligatoire.
Téléchargez le billet PDF qui vous sera envoyé avec la confirmation de votre inscription : il vous sera indispensable pour entrer dans l'université.
Un document d'identité peut vous être également demandé.