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Séminaire

Données et infrastructures numériques. Séminaire interdisciplinaire 2026-2027

Suite du cycle de séminaires Philosophie et droit des données.

English version below

Informations pratiques/Pratical information

Argument

Le séminaire interdisciplinaire Données et infrastructures numériques interroge les transformations contemporaines du droit et des institutions politiques à l’ère des technologies de l’information. Si les infrastructures numériques — réseaux matériels, plateformes, algorithmes — sont l'objet d'une régulation de plus en plus intense,  c'est qu'elles produisent leurs propres normes, en redéfinissant les conditions de l’action, de la responsabilité et de la liberté. Cette  imbrication des infrastructures et des institutions remet en cause les distinctions classiques entre contrainte technique et obligation juridique, et entre faits et normes. Les données jouent en particulier un rôle de plus en plus prégnant dans la prise de décision et dans les processus institutionnels, et cela jusque dans la pratique judiciaire elle-même.  En croisant les perspectives de la philosophie et des études juridiques sur la technologie, le séminaire vise à examiner comment le droit est à la fois concurrencé et transformé par des mécanismes de régulation technique, parfois invisibles, mais puissamment prescriptifs.

Cycle de séminaires organisé par Henri Stephanou et Elsa Supiot (axe données et intelligence artificielle et centre normes, sciences et techniques), faisant suite au cycle de séminaires Philosophie et droit des données.

Programme

Rejoindre le séminaire en ligne

Arnaud Latil et Judith Rochfeld, Protection contre les risques et conception des services des plateformes : dialogue autour de nouvelles perspectives juridiques
Mardi 20 octobre 2026, 17h-19h

La sécurité et la sûreté se trouvent aujourd’hui au centre de la régulation des espaces numériques en Europe, aux États-Unis, en Australie ou encore au Royaume-Uni. Ces mouvements législatifs et jurisprudentiels se manifestent par la volonté de mieux protéger les personnes vulnérables, en premier lieu les mineurs, et de combattre les fonctionnalités jugées nocives, comme celles favorisant l’addiction, les troubles cognitifs ou encore la perte de confiance en soi. Ainsi, les récentes décisions de juridictions américaines condamnant les fonctionnalités addictives des plateformes ou encore l'annonce par la Commission européenne d’un EU Kids Act marquent un tournant majeur dans la manière d'appréhender la sûreté des réseaux sociaux et des jeux vidéos.

Arnaud Latil, docteur en droit privé, est maître de conférences habilité à diriger des recherches depuis 2012. Il est également vice-président, stratégie et prospective de Sorbonne Université depuis 2026, chercheur au centre Sciences, Normes et Démocratie (SND - UMR 8011) et membre du Sorbonne Center for Artificial Intelligence (SCAI). Ses recherches portent sur le droit du numérique, le droit de la propriété intellectuelle et le droit de la régulation. Depuis octobre 2024, il est également expert auprès du forum consultatif du Bureau de l’IA de la Commission européenne. Il est membre de la CNIL depuis le 2 août 2026.

Judith Rochfeld est agrégée des facultés de droit, professeure de droit privé à l’École de droit de la Sorbonne, université Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Elle y dirige le Master 2 « Droit du commerce électronique et de l’économie numérique », co-dirige le Master 1 mention "Droit du numérique), la formation continue « Sorbonne Data / IA », le Département de recherche en droit de l'immatériel de la Sorbonne (DReDIS-IRJS) et le certificat "Sorbonne-RGPD". Ses recherches portent principalement sur le droit civil, le droit du numérique et le droit de l'environnement et climatique, en particulier sous les prismes des renouvellements de la propriété, des biens communs et des communs

 

Yue Wu, Les "tribunaux intelligents" en Chine : entre innovation judiciaire et enjeux juridiques
Mardi 24 novembre 2026, 17h-19h

Depuis le milieu des années 2010, la Chine a engagé une transformation numérique profonde de son appareil judiciaire à travers le programme des "tribunaux intelligents". Portée par la Cour populaire suprême, cette réforme mobilise l’intelligence artificielle, la blockchain et le big data judiciaire pour rationaliser le traitement des contentieux, depuis les tribunaux Internet de Hangzhou, Pékin et Guangzhou jusqu’aux systèmes d’aide à la décision comme le "Système 206" à Shanghai.

Cette intervention propose d’analyser ce modèle sous un double angle : d’une part, ses apports en matière d’efficacité procédurale et d’accès à la justice ; d’autre part, les questions qu’il soulève quant à l’indépendance du jugement, à la transparence algorithmique et au contrôle du pouvoir judiciaire par des instruments technologiques développés hors de son contrôle direct.

Yue Wu est doctorant en droit du numérique à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où ses recherches doctorales portent sur la régulation de l’intelligence artificielle (IA) et le renouveau des institutions judiciaires et administratives en Chine, dans une perspective comparée avec le droit de l’Union européenne.

Titulaire de masters en droit de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l’Université de sciences politiques et de droit de l’Est de la Chine, il a également réussi l’examen national chinois d’accès aux professions juridiques, notamment à la profession d’avocat. Parallèlement à son parcours académique, il dispose d’une expérience professionnelle en conformité en matière d’IA, en cybersécurité et en protection des données personnelles, acquise notamment lors de missions au sein de différentes institutions françaises.

Ses travaux de recherche s’intéressent aux enjeux juridiques des technologies émergentes, au droit comparé de l’IA et aux évolutions du droit des données à l’échelle de l’Union européenne et de la Chine.

Aurore Hyde
Jeudi 17 décembre 2026, 17h-19h

Anne Alombert
Mardi 26 janvier 2027, 17h-19h

Nykos Smyrnaios
Mardi 23 février 2027, 17h-19h


English version

Argument

The interdisciplinary seminar Data and Digital Infrastructures studies the transformations of law and political institutions in our digital age . Digital infrastructures—hardware networks, platforms, algorithms—are subject to increasingly intense regulation because they produce their own standards, redefining the conditions of action, responsibility, and freedom. This intertwining of infrastructures and institutions challenges the traditional distinctions between technical constraints and legal obligations, and between facts and standards. Data in particular is playing an increasingly significant role in decision-making and institutional processes, even in legal practices themselves. By combining perspectives from philosophy and legal studies on technology, the seminar aims to examine how the law is both challenged and transformed by technical regulatory mechanisms that are sometimes invisible but powerfully prescriptive.

Monthly seminar organized by Henri Stephanou and Elsa Supiot.

Program

Join the online seminar

Arnaud Latil and Judith Rochfeld
Tuesday 20 October 2026, 5.00 pm–7.00 pm

Yue Wu
Tuesday 24 November 2026, 5.00 pm–7.00 pm

Aurore Hyde
Thursday 17 December 2026, 5.00 pm–7.00 pm

Anne Alombert
Tuesday 26 January 2027, 5.00 pm–7.00 pm

Nykos Smyrnaios
Tuesday 23 February 2027, 5.00 pm–7.00 pm

 

Informations pratiques/Pratical information

  • En ligne/Online

https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/5788413797?pwd=TVpxRjFZM3FLZ200SzJFNmllQ1ladz09

  • Sur place/on site

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, centre Lourcine
1 rue de la Glacière, 75013 Paris
Bâtiment 1, 3e étage, espace Gisèle Halimi (au fond du couloir)

Inscription gratuite mais obligatoire.
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Un document d'identité peut vous être également demandé.

Registration is free but required..
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  • Séances précédentes/Previous sessions

    Peter Slowinski, Quelle est la valeur de la créativité humaine à l'ère de l'IA générative ?
    Jeudi 24 septembre 2026, 18h-20h, en anglais

    Les œuvres d’art, de musique et de littérature sont protégées par le droit d’auteur pendant une durée remarquablement longue : 70 ans après le décès de l’auteur, soit environ deux générations. La principale condition de cette protection est que l’œuvre soit originale, c’est-à-dire qu’elle soit la création intellectuelle propre à l’auteur. Bien qu'il n'y ait pas de condition significative concernant le mérite artistique ou la créativité de l'œuvre, l’une des justifications traditionnelles de la protection par le droit d’auteur est précisément d’encourager la créativité au profit de la société.

    Pendant des siècles, ce système reposait sur une hypothèse tacite : seuls les personnes humaines sont capables de créer. L’essor de l’IA générative remet cette hypothèse en question. Les systèmes d’IA produisent des images, composent de la musique et écrivent de la poésie capables de rivaliser avec les créations humaines. En conséquence, lorsqu’il s’agit de déterminer si – et pourquoi – une œuvre mérite d’être protégée, le droit d’auteur est de plus en plus confronté au processus créatif lui-même, plutôt qu’à sa simple production.

    Mais la question de savoir ce que nous voulons protéger va bien au-delà d’un tableau, d’une chanson ou d’un poème en particulier. Elle soulève une question plus fondamentale : quelle est la valeur de la créativité humaine pour la société, et comment le droit d’auteur peut-il reconnaître et refléter cette valeur ?

    Dans cette présentation, Peter Slowinski explorera ce problème à travers des exemples d’œuvres créées à l’aide de l’IA générative et soutiendra que les réponses ne peuvent pas être simplement manichéennes, mais nécessitent une approche plus nuancée. Il présentera également CreVal – un projet étudiant la valeur de la créativité humaine – et expliquera comment celui-ci cherche à aborder ces questions dans une perspective multidisciplinaire.

    Peter R. Slowinski est maître de conférences à l’université Adam Mickiewicz (AMU) de Poznań, où il est chercheur principal d’un projet sur la réglementation des données d’entraînement de l’IA synthétique, financé par le Centre national des sciences de Pologne.
    Il est également chercheur associé à l’Institut Weizenbaum de Berlin, où il codirige un projet interdisciplinaire étudiant la valeur ajoutée de la créativité humaine à l’ère de l’IA générative, ainsi que chercheur affilié à l’Institut Max Planck pour l’innovation et la concurrence à Munich.
    Peter est titulaire d’un doctorat de l’université Ludwig-Maximilian de Munich et d’un master en sciences juridiques de l’université de Stanford. Il dispense des cours sur les relations entre les technologies de pointe et le droit à l’AMU, à l’université Masaryk de Brno et au Centre de droit de la propriété intellectuelle de Munich (MIPLC). Ses recherches portent sur l’interaction entre le développement technologique et les cadres juridiques, ainsi que sur ses implications plus larges pour la société.

    Peter Slowinski
    Thursday 24 September 2026, 6.00 pm–8.00 pm, in English

    What is the value of human creativity in times of generative AI?

    Works of art, music and literature are protected by copyright law for a remarkably long period of time – 70 years after the creator’s death, or approximately two generations. The principal requirement for protection is that a work be original, meaning that it is the author’s own intellectual creation. There is no significant threshold of artistic merit or creativity. Yet one of the traditional justifications for copyright protection is precisely to incentivise creativity for the benefit of society.

    For centuries, an undeclared assumption underlying this system was that only human beings create. The rise of generative AI calls this assumption into question. AI systems produce images, compose music and write poetry that can compete with human creations. As a result, copyright law is increasingly confronted with the creative process itself, rather than merely its output, when deciding whether – and why – a work deserves protection.

    But the question of what we want to protect goes far beyond any particular painting, song or poem. It raises a more fundamental question: What is the value of human creativity for society, and how can copyright law recognise and capture that value?

    In this presentation, Peter Slowinski will explore this problem through examples of works created with generative AI and argue that the answers cannot simply be black and white, but require a more nuanced approach. He will also introduce CreVal – a project investigating the value of human creativity – and explain how it seeks to address these questions from a multidisciplinary perspective.

    Peter R. Slowinski is Assistant Professor at Adam Mickiewicz University (AMU) in Poznań, where he is Principal Investigator of a project on the regulation of synthetic AI training data funded by the Polish National Science Centre. He is also an Associate Researcher at the Weizenbaum Institute in Berlin, where he co-leads an interdisciplinary project investigating the added value of human creativity in the age of generative AI, and an Affiliated Research Fellow at the Max Planck Institute for Innovation and Competition in Munich.
    Peter holds a doctoral degree from Ludwig Maximilian University in Munich and a Master of the Science of Law from Stanford University. He teaches courses on the relationship between advanced technologies and law at AMU, Masaryk University in Brno and the Munich Intellectual Property Law Center (MIPLC). His research focuses on the interaction between technological development and legal frameworks and its broader implications for society.

    Jeudi 4 juin, 16h30-18h30, en ligne

    Salomé Viljoen
    (en anglais)

    De la vie privée à la gouvernance des données (ou les droits sociaux à l'information)

    Cette communication soutient que la notion actuelle de vie privée aux États-Unis – et ce qui est considéré comme une « atteinte à la vie privée » – est devenue une catégorie conceptuelle surchargée. La vie privée renvoie depuis longtemps à un ensemble de concepts liés, mais distincts. Cependant, ces dernières années, la notion d'atteinte à la vie privée s'est élargie pour rendre compte (ou désigner) un éventail plus large de préoccupations sociales et politiques. Cette approche élargie a, à juste titre, mis en avant le rôle important de la vie privée comme condition préalable à d’autres biens socialement nécessaires ou souhaitables, et a corrigé de manière salutaire une conception étriquée de la vie privée qui en faisait une préoccupation politique et juridique marginale (en particulier pour les membres de groupes sociaux vulnérables). Cependant, cette approche globale de la vie privée et de l’atteinte à la vie privée accroît également les tensions internes — et peut-être la confusion — au sein de cette catégorie. Cela a un coût programmatique et conceptuel. À mesure que la vie privée recouvre un ensemble plus large d’intérêts, les conflits internes concernant ses principes fondamentaux et ses valeurs directrices peuvent devenir plus nombreux et plus substantiels. Cela occulte également un ensemble distinct d’intérêts juridiques que les personnes ont dans les données sociales. Retirer ces intérêts du champ de la vie privée et les considérer séparément peut aider à résoudre certains problème internes de la vie privée. Plus important encore, cela permet de mieux cerner les intérêts positifs liés aux données sociales, qui revêtent une importance croissante pour la régulation de notre société de l’information.

    Salomé Viljoen est professeure adjointe de droit à la Michigan Law School, où elle enseigne et écrit sur les contrats, la vie privée, la surveillance commerciale et la gouvernance des données. Salomé travaille sur le droit et l'économie politique des données et de l'IA, ainsi que sur le rôle du droit dans la structuration de la vie numérique. Elle s'intéresse particulièrement au pouvoir des plateformes, à la manière dont le droit de l'information structure les inégalités et à la manière dont le droit théorise les données sur les personnes (c'est-à-dire les « données sociales »). Les travaux universitaires de Salomé ont été publiés ou sont sur le point de l'être dans des revues telles que le Yale Law Journal, la Columbia Law Review, Big Data & Society et la conférence ACM sur l'équité, la responsabilité et la transparence. Elle rédige des essais et des articles pour des publications telles que Nature, The Guardian, Logic Magazine, Phenomenal World et le blog LPE.

    Thursday, 4 June, 4.30 pm - 6.30 pm, online

    Salomé Viljoen
    (in English)

    From Privacy to Data Governance (or, Social Rights in Information)

    This communication argues that current U.S. privacy--and what counts as a 'privacy harm'--has become an overburdened conceptual category. Privacy has long referred to a set of related, yet distinct concepts. However, in recent years privacy harm has expanded to answer for (or name) a greater set of social and political concerns. This expanded approach has rightly emphasized the important role of privacy as a precondition for other socially necessary or desirable goods and provided a much-needed corrective to the view of privacy as a marginal political and legal concern (particularly for members of vulnerable social groups). However, this big tent approach to privacy and privacy harm also increases the internal tension—and perhaps, confusion—within the category. This has a programmatic and a conceptual cost. As privacy indexes a greater set of interests, internal privacy conflicts about core principles and guiding values can become more numerous and more substantial. It also papers over a distinct set of legal interests that people have in social data. Removing these interests from the privacy bucket and considering them on their own can helpfully resolve some of privacy’s internal puzzles. More importantly, they better index the affirmative interests in social data that are of growing importance to regulating our information society. 

    Salomé Viljoen is an Assistant Professor of Law at Michigan Law School, where she teaches and writes about contracts, privacy, commercial surveillance and data governance. Salomé works on the law and political economy of data and AI and the role of law in structuring digital life. She is especially interested in platform power, how information law structures inequality, and how law theorizes data about people (i.e. ‘social data’). Salomé’s academic work has appeared or is forthcoming in places like the Yale Law Journal, the Columbia Law Review, Big Data & Society, and the ACM Conference on Fairness, Accountability and Transparency. She writes essays and articles for places like Nature, the Guardian, Logic Magazine and Phenomenal World, and the LPE Blog.

    Jeudi 7 mai, 14h-16h, salle D621 (centre Sorbonne, entrée par la rue Cujas) et en ligne

    Christian Byk
    Souverainetés et économies  dans les sociétés technoscientifiques

    La souveraineté, comme le mot souverain, est dérivée du latin "super" et désigne ce qui est supérieur, plus haut, suprême. La souveraineté renvoie donc au pouvoir suprême et à celui qui le détient, le souverain. Cette notion désigne ainsi la nature particulière d'un pouvoir, qui se veut être au-dessus de tous les autres.

    C'est sans doute le dénominateur commun qui unit la diversité des acceptions de la notion de souveraineté à travers l'histoire.  Ainsi, "la souveraineté peut être nationale, populaire, divine, royale ; il peut s’agir de la souveraineté de l’État, des États dans l’État ; de la souveraineté interne, externe, territoriale, internationale et, bien sûr, de la souveraineté européenne ; de la souveraineté du peuple, du roi, du Parlement, ou  même de la souveraineté du droit, voire de droit(s) de souveraineté" (Derosier 2021).

    Le droit et la science politique nous montrent que cette source première du pouvoir politique est aussi une source première des règles qui organisent, à travers l'histoire, la société et qu'elle lui donne ses éléments constitutifs, sa Constitution.

    L'ère du numérique nous fait-elle entrer dans une nouvelle étape de notre histoire ? Parce qu'elle a donné naissance à des acteurs économiquement puissants et capables de nous faire entrer dans une autre aventure économique, qui induit d'importantes transformations sociales, il est logique de nous interroger. Leur action va-t-elle conduire à une emprise sur nos sociétés susceptible de bouleverser le bon ordonnancement des règles émanant des acteurs de la souveraineté politique ? Dès lors, ces nouveaux acteurs menacent-ils notre perception et nos pratiques de la souveraineté ?

    Christian Byk, juge honoraire à la Cour d’appel de Paris, chercheur associé à l’ISJPS (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et CNRS) et à l’Institut des sciences sociales du politique, École Normale Supérieure Paris-Saclay (Réseau Unitwin UNESCO , éthique et gouvernance du numérique).

    Thursday, 7 May, 2 pm - 4 pm, salle D621 and online

    Christian Byk
    Sovereignty and economies in technoscientific societies

    Jeudi 23 avril, 16h30, salle à la fresque (D306) et en ligne

    Mireille Hildebrandt
    La réinvention de la méthode juridique
    Dans cette intervention, j'examinerai comment l'utilisation d'outils informatiques dans l'élaboration du droit va influencer le mode d'existence du droit, tel que nous le connaissons aujourd'hui. En m'appuyant sur les résultats de mon projet ERC-ADG intitulé « Compter comme être humain à l'ère du droit computationnel », j'expliquerai en quoi les actes de langage oraux et écrits diffèrent des résultats produits par les systèmes informatiques, et comment cela peut influer sur les mécanismes de contrôle et d'équilibre de l'État de droit, tout en plaidant pour une protection juridique intégrée à la conception même des infrastructures informatiques.  

    Mireille Hildebrandt est professeure émérite à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), où elle a été nommée par le Conseil de recherche responsable du thème « Interface entre droit et technologie ». Elle a été codirectrice du groupe de recherche sur les études en droit, science, technologie et société (LSTS) à la Faculté de droit et de criminologie de 2019 à 2024. Elle est également professeure émérite en « environnements intelligents, protection des données et état de droit » à la Faculté des sciences, à l'Institut des sciences informatiques et de l'information (iCIS) de l'Université Radboud de Nimègue. Ses recherches portent sur les implications des décisions automatisées, de l'apprentissage automatique et de l'action artificielle inconsciente pour le droit et l'état de droit dans les démocraties constitutionnelles. Hildebrandt a publié 5 monographies scientifiques, 23 volumes ou numéros spéciaux, et plus de 120 chapitres et articles dans des revues et volumes scientifiques. Elle est cofondatrice et corédactrice en chef de la revue internationale à comité de lecture Journal of Cross-Disciplinary Research in Computational Law.

    Thursday, 23 April, 4.30 pm, salle à la fresque and online

    Mireille Hildebrandt
    The Reinvention of Legal Method
    In this talk I will discuss how the use of computational tools in the making of law will affect the mode of existence of law, as we know it. Building on the outcomes of my ERC ADG on Counting as a Human Being in the Era of Computational Law, I will explain how spoken and written speech acts differ from the output of computational systems and how this may affect the checks and balances of the Rule of Law, while calling for legal protection by design at the level of computational infrastructures.

    Mireille Hildebrandt is Emeritus Professor at Vrije Universiteit Brussels (VUB), where she was appointed by the VUB Research Council on the subject of ‘Interfacing Law and Technology’. She has been co-Director of the Research Group on Law Science Technology and Society studies (LSTS) at the Faculty of Law and Criminology from 2019-2024. She is also Emeritus Professor of ‘Smart Environments, Data Protection and the Rule of Law’ at the Science Faculty, at the Institute for Computing and Information Sciences (iCIS) at Radboud University Nijmegen. Her research interests concern the implications of automated decisions, machine learning and mindless artificial agency for law and the rule of law in constitutional democracies. Hildebrandt has published 5 scientific monographs, 23 edited volumes or special issues, and over 120 chapters and articles in scientific journals and volumes. She is co-founder and co-editor of the international peer reviewed Journal of Cross-Disciplinary Research in Computational Law.

    Jeudi 26 mars

    Juliette Sénéchal
    L'évolution des concepts du droit du numérique: un glissement du "post-moderne" vers le "non-moderne" ?

    Cette contribution relative à ce moment charnière entre les systèmes de pensée "post-moderne" et "non-moderne", sera illustrée en montrant que la montée en puissance du système de pensée post-moderne, qui s'était traduite par la fragilisation du concept de "consentement" au profit de celui de "balance des intérêts" au sein du RGPD (et de la directive qui a précédé ce texte), a dorénavant cédé la place aux balbutiements d'un système de pensée "non-moderne" se traduisant par une confirmation de la fragilité du "consentement", mais également par une fragilisation, cette fois-ci, du concept de "balance des intérêts" au profit de celui de "risque systémique" au sein du DSA et de l'AI Act.

    Juliette Sénéchal est professeure des universités à la Faculté de droit, d’économie et de gestion et directrice adjointe de l’école doctorale Sciences juridiques, politiques et de gestion de l’Université de Lille. Elle est actuellement en délégation auprès de l'équipe SPIRALS du Centre Inria de Lille. Sa production scientifique s’articule autour des axes suivants : l’étude des mutations contemporaines du droit du numérique et du droit des contrats, confrontés à la construction de l’espace juridique européen et au développement du marché unique numérique.

    Thursday, 26 March

    Juliette Sénéchal
    Study of the evolution of the balance between concepts of digital law: a translation of the current shift from postmodern to non-modern thinking (in English)

    This contribution, which deals with the pivotal moment between “post-modern” and “non-modern” systems of thought, will show that the rise of the post-modern system of thought, which resulted in the weakening of the concept of "consent" in favor of that of “balance of interests” within the GDPR (and the directive that preceded this text), has now given way to the beginnings of a “non-modern” system of thought, confirming the fragility of “consent,” but now also weakening the concept of “balance of interests” in favor of that of “systemic risk” within the DSA and the AI Act.

    Juliette Sénéchal is a professor at the Faculty of Law, Economics, and Management and deputy director of the Doctoral School of Legal, Political, and Management Sciences at the University of Lille. She is currently on secondment to the SPIRALS team at the Inria Center in Lille. Her scientific work focuses on the study of contemporary changes in digital law and contract law, in the context of the construction of the European legal area and the development of the digital single market.

    Lundi 16 février

    Ricardo Fabrino et Virgilio Almeida
    Algorithmic Institutionalism (en anglais)

    La thèse défendue est que les algorithmes doivent être conçues comme des institutions dans les sociétés contemporaines. Elle explore les différentes manières par lesquelles les algorithmes structurent la prise de décision et mettent en place des relations de pouvoir. Cette thèse apporte de nouvelles perspectives analytiques, qui sont nécessaires à la compréhension de l'omniprésence croissante des algorithmes dans la prise de décision et à la promotion d'interactions démocratiques entre les personnes humaines et les algorithmes.

    La conférence, basée sur le livre Algorithmic Institutionalism (2023) publié par Oxford University Press, développe un cadre théorique pour comprendre les algorithmes à travers la théorie institutionnelle et montre comment il s'applique à des domaines tels que la sécurité, la plateformisation gouvernementale et les systèmes de recommandation. Enfin, elle examine comment les valeurs démocratiques peuvent être réarticulées en réponse à l'expansion mondiale de la prise de décision algorithmique.

    Ricardo Fabrino Mendonça est directeur du département de sciences politiques de l'université fédérale du Minas Gerais (Brésil). Il coordonne Margem – Groupe de recherche sur la démocratie et la justice et est membre de l'INCT - Démocratie numérique. Il est également chercheur associé au Centre pour la démocratie délibérative et la gouvernance mondiale. Ses centres d'intérêt comprennent la théorie démocratique, la politique contentieuse et la communication politique. Il est l'un des auteurs de Algorithmic Institutionalism (Oxford University Press, 2023) et l'un des directeurs de l'ouvrage collectif Crises de la démocratie et sphère publique (Editora UFMG, 2023) et de Research Methods in Deliberative Democracy (Oxford University Press, 2022), parmi d'autres ouvrages et plusieurs publications dans des revues.

    Virgilio Almeida est professeur émérite d'informatique à l'Université fédérale du Minas Gerais (UFMG) et professeur associé au Berkman Klein Center for Internet & Society de l'Université Harvard. Il est coauteur de cinq ouvrages sur les technologies web et la modélisation des performances, et auteur de Governance for the Digital World (Palgrave Macmillan) et Algorithmic Institutionalism (Oxford University Press). Ses travaux universitaires portent sur l'informatique sociale et la gouvernance de l'intelligence artificielle et des systèmes algorithmiques. Le professeur Almeida est membre de l'Académie brésilienne des sciences, de l'Académie nationale d'ingénierie des États-Unis et de l'Académie mondiale des sciences.

    Monday, 16th February

    Ricardo Fabrino et Virgilio Almeida
    Algorithmic Institutionalism (in English)

    Algorithmic Institutionalism uniquely conceives of algorithms as institutions in contemporary societies, focusing on different dimensions of how algorithms structure decision-making and enact power relations. It addresses the need for new analytical lenses to make sense of algorithms’ rising ubiquity in decision-making and to foster democratically infused interactions between humans and algorithms.

    The talk, based on the Oxford University Press book Algorithmic Institutionalism (2023), develops a theoretical framework for understanding algorithms through institutional theory, and shows how it applies to domains such as security, governmental platformization, and recommendation systems. Finally, it examines how democratic values can be rearticulated in response to the global expansion of algorithmic decision-making.

    Ricardo Fabrino Mendonça is the chair of the Department of Political Science at the Federal University of Minas Gerais (Brazil). He coordinates Margem – Research Group on Democracy and Justice and is a fellow at INCT - Digital Democracy. He is also an associate researcher at the Centre for Deliberative Democracy and Global Governance. His interests include Democratic Theory, Contentious Politics, and Political Communication. He is one of the authors of Algorithmic Institutionalism (Oxford University Press, 2023) and one of the editors of Crises of Democracy and the Public Sphere (Editora UFMG, 2023) and of Research Methods in Deliberative Democracy (Oxford University Press, 2022), among other books and several journal publications.

    Virgilio Almeida is Professor Emeritus of Computer Science at the Federal University of Minas Gerais (UFMG) and a Faculty Associate at the Berkman Klein Center for Internet & Society at Harvard University. He is co-author of five books on web technologies and performance modeling, and author of Governance for the Digital World (Palgrave Macmillan) and Algorithmic Institutionalism (Oxford University Press). His scholarly work focuses on social computing and the governance of artificial intelligence and algorithmic systems. Professor Almeida is a member of the Brazilian Academy of Sciences, the U.S. National Academy of Engineering, and the World Academy of Sciences.